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Du lundi 17 au vendredi 21 février 2020, le stage écriture & photographie s’est déroulé sur la thématique : « Intérieurs & extérieurs paysages ». Nous nous sommes coordonnées avec la photographe Céline DELESTRE durant toute cette semaine. Les matins de 10h à 13h étaient consacrés à l’atelier d’écriture.

Le lundi, après un temps d’accueil où nous avons parlé de notre rapport à l’écriture, nous avons écrit à partir d’un texte du géographe Michel LUSSAULT, publié dans le livre La France de Raymond DEPARDON. En deuxième partie, la photographe Céline DELESTRE nous a transmis des photos. Chaque participante en a choisi une et a écrit.
Le deuxième jour, nous avons écrit avec « Sur le chemin ce matin… », et chacune a pu mettre en mot le paysage que l’on traverse pour venir jusqu’à l’atelier de l’AAT.  Puis, nous avons exploré le lieu même de l’atelier en choisissant chacune un objet.
Le troisième jour, j’ai proposé un extrait du livre Espèces d’espaces, de Georges PEREC. En deuxième partie de matinée, chacune a composé à partir d’une photo prise la veille avec Céline DELESTRE. Jeux avec le miroir, reflets sur les vitres des voitures, et tasses de café disant la convivialité.
Le quatrième jour, chacune a proposé un mot et nous avons rassemblé tous ces mots du groupe. Les textes ou poèmes qui en ont résulté étaient chargés d’émotion. Puis, nous avons chacune choisi deux textes en vue de l’exposition collective.
Enfin, vendredi 21 février, nous avons tout préparé en vue de l’exposition.

Pour conclure, nous pensons que le fait d’être un groupe de femmes a permis de tisser des liens et une confiance forte. Il y a eu aussi des moments de rires, de complicité. Il y a eu des confidences, des paysages dont on se souvient et d’autres paysages, inventés.

Durant tout le stage, nous nous sommes coordonnées à l’artiste, Céline DELESTRE, et ainsi nous avons ouvert des passerelles, propices à la création…

Nathalie AOUSTIN, auteur et animatrice d’ateliers d’écriture

Les thématiques choisies sur les temps d’écriture…

Pendule

Tic tac, tic tac
On entend tic tac, tic tac
Elle sonne tic tac, tic tac
A chaque fois on a le regard tourné vers cette pendule
tic tac, tic tac dans le silence
Et hop c’est la pause tic tac, tic tac
On reprend à moins le quart tic tac, tic tac
Et hop c’est la fin tic tac, tic tac
Elle fait un mouvement de va et vient
Pour indiquer l’heure,
Pour démontrer notre mouvement circulaire,
Elle fait le mécanisme de la rotation de la terre tic tac, tic tac
Elle fait partie de notre quotidien,
tic tac, tic tac.

M.

Espace vert

Traverser des champs verts
Espace vert étendu
Espace vert de mon jardin
Où vaguer mon souvenir qui erre
Un vent solide et frais
Espace vert où sous ma fenêtre le matin
Les pigeons viennent picorer leurs graines
Encore matin,
Matin pour aimer l’espace vert
Me rappelant les dires de ma grand-mère
« Le vert symbole de la paix intérieure et de l’espérance de la vie »
Espace vert où galopaient les chevaux et les troupeaux
Le vert symbole de la paix et de la santé.
Et si je le faisais mon espace,
Ma vie serait comme verte et je ne m’arrêterai pas,
Symbole de feu tricolore et de victoire.
Dans mon espace vert
je ne m’arrêterai pas,
je ne m’arrêterai pas,
je ne m’arrêterai pas,
Dans mon espace vert de mon rêve.

M.

L’incision

Un ressac incessant, épuisant. Séries de vagues sans limite. Sans limite ce profond océan.

La stridence du sel vous pénètre tout entier. Face à cette immensité, je ne suis plus qu’un grain de sable . Je suis le sel qui imprègne, je suis l’appel de la Vie qui fait danser l’eau au large de mon cœur puis les renvoie dans les lointains de la lumière exaltante. Je suis l’eau qui déteste s’arracher du cœur de sa mère et s’emporte violemment sur le sable blanc. Je suis un photon de lumière et des milliards d’autres qui se déposent sur les reflets salés, les fait exister.

Je suis l’incision entre une existence et une autre qui laisse alors couler et continuer infiniment à vider le sang d’une mère aimante.

C.

L’éponge aux deux visages

« Oh, temps, suspends ton vol !». Voilà ce que j’aimerais te dire, toi, horloge blanche entourée de chiffres noirs, accrochée au-dessus de ma tête. Ton petit bruit, celui de tes aiguilles, tic-tac, tic-tac, tu ne te lasses de me rappeler que la vie est précieuse et passe vite. Hier encore, devant le miroir, je me remémorais ma jeunesse comme j’étais belle et insouciante, frêle et mince telle une petite girafe. Aujourd’hui tout cela est bien rangé dans le placard de mon cœur, comme j’aimerais y faire un peu de rangement et y apporter un peu de chauffage car les événements de la vie l’ont rendu fade et froid. Oui, la vie n’a pas toujours été facile, telle une éponge aux deux visages. Des moments durs et pénibles, rugueux comme la partie verte d’une éponge, et des moments doux, paisibles comme la partie inverse de l’éponge. Il m’arrive à mes moments perdus, d’écrire, de lire mais aussi de m’essayer à la peinture, au dessin, et même à la photographie. S’il est vrai que je suis une débutante, il m’arrive d’apprécier et de ressentir l’émotion qui se dégage d’une toile, tel est le cas de ces deux portraits accrochés au mur de l’AAT, un chien juste en face du visage d’une dame, tous deux un air un peu boudeur mais surtout d’une frappante ressemblance.
Vous me demanderez bien « A quoi pensait-il ce dessinateur ? »
et je vous dirais : « A la solitude de la vie ! »

L.

Été comme hiver

Été comme hiver, mon rituel matinal ne change pas. Ce matin, à peine posés mes petits pieds nus au sol, je me dirige vers mon jardin, qu’est-ce-que j’aime le contempler ! Cette grosse touffe de roses roses qui, malgré la force du vent, ou même la froideur de l’hiver, reste tenace bien qu’ayant perdu quelques feuilles. Mon rituel achevé, je peux enfin me préparer à sortir. J’emprunte cette ruelle depuis pas mal de temps et toujours à ce virage, se trouvent des préservatifs usés par terre, signe que la nuit a été folle pour certains qui, malgré le froid ont toujours recours aux jeunes et belles filles de joie qui, à la recherche du pain quotidien, offrent des services exceptionnels. Vite, je dois stopper les voitures au feu de signalisation, « Ah ! Comme j’aime appuyer sur ce bouton ! Comme j’aime sentir ce petit pouvoir ! Leur dire « Stop, je suis L., et j’aimerais traverser ! » Et, ils s’exécutent et me regardent traverser avec un bon petit sourire aux lèvres, toute fière et Hop ! Je suis sur le pont du canal de Brienne où quelques cadenas, symboles d’amour et de promesses de personnes fougueuses sont accrochés. Sur ce magnifique pont, je peux voir des canards barboter dans l’eau glaciale, et dire qu’ils ne ressentent pas la froideur de l’eau. Tiens ! Voilà un hérisson ! D’où sort-il ? Bizarre, Bizarre…

Vite, il me faut à tout prix rattraper le bus, ce fameux bus Linéo 1 qui, parfois, pour 5 secondes de retard, le chauffeur pas d’humeur matinale, démarre en trombe et vous laisse toute essoufflée, à l’arrêt du bus. Heureusement pour moi, je suis pile à l’heure et je peux m’asseoir à cette place solitaire que j’aime bien, juste derrière le chauffeur. Je peux tranquillement observer les différents arrêts, arrêt Ponts Jumeaux, arrêt Suisse, et arrêt Fourmi, sûrement il y avait pas mal de fourmis dans ce coin d’où son nom, Fourmi.

L.

Cheveux d’ange

Cheveux d’ange noirs, boucles d’enfer, boules de douceur.
Porte blanche sur le soir, trait entrouvert, secret bonheur.
Ombre de crainte, cris de plinthes, murs de torpeur.
Regard fixé sur la pénombre, tu cherches ailleurs
Face au destin, tu te tiens bien
Prête à t’ouvrir vers l’avenir
Symphonie sinueuse de crêpes ondulants
Sur ta crinière, la lumière danse
Comme un ballet de vagues cotonneuses
Sur un cou gracile de ballerine équestre
Chevauchant la pensée de tes rêves
D’images sur l’écran de tes yeux
Assombris par les vœux de traîtresses tresseuses
Mais armée de tendresse pour ta nuque fragile
De gazelle rebelle.
Tu ne seras pas prise
Par les gonds de l’église
La lumière entrera
Dans ton mantra.

D.

Tables

Tables de bois, de plastique ou de verre
Tables de lois, de mathématiques ou de maire
Tables unies, diverses et variées
Tables jaunies, perses et bariolées
Tables d’émail, grimoires colorés
Tables de dessin, de peintures et d’écrins

Mémoires de tables d’atelier
Traces de peintres, de poètes et de teintes
Teintes de pensées, de joies et de douleurs
Douleurs douceurs de tables de repos
Repas de fêtes et reliefs de cœurs gros
Cœurs d’écriture, de peintures et de fleurs

Tables à langer
Souvenirs de bébé
Tables à lecture
Souvenirs d’écriture
Tables à peinture
Souvenirs de ratures
Tables à tout faire
Pour plaire ou pour déplaire
Parler ou bien se taire
Aimer ou bien bannir
Manger ou bien mourir
Rêver ou bien créer
A l’AAT.

D.

Quand écriture et photographie se rencontrent…

Shakti

Shakti ne regarde pas l’homme dans les yeux si elle n’est pas en train de contempler le ciel, consciente qu’il est à l’intérieur d’elle.
Shakti quand elle se laisse habiter, envahir ses tissus, crée de nouveaux horizons, de nouvelles issues.
Elle court nue au soleil et sous la pluie, à elle seule, elle est horde de loups qui chassent et retracent.

Shakti est un entier dans une moitié.
Shakti est un tambour sourd dans l’obscurité, jamais ne cesse d’appeler.
Elle appelle ses filles, « Shaktis !
Où êtes-vous ?
Embrassez-vous, étreignez-vous »
Jamais ne cesse de hurler, d’accueillir, de nourrir,
De mourir
Rassembler des lambeaux de chair et souffrir.
Shakti a enfanté la douleur, elle n’a pas peur.
Shakti nous appellera, soyons sur le qui vivra verra !

C.

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Les thématiques choisies sur les temps consacrés à la photographie…

Liberté

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Liberté Lumière

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Eclat

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Souvenirs

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Plume

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